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POLLUTION URBAINE

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Depuis les années 50, les rejets dans les rivières se sont multipliés : Voici un échantillon des principales pollutions de l'eau entrainant la dégradation des milieux aquatiques.

 

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Débits réservés - Transit des migrateurs

DEBITS "RESERVÉS" ET TRANSIT DES POISSONS MIGRATEURS.

L'étude de J-L. Pelletier "Aspect quantitatif des débits réservés, rivières non domaniales" a le très grand mérite de proposer une définition concrèteet pratique de la notion de "débit de survie DS" :

lame d'eau d'une hauteur minimale de 0,15 m se déplaçant à environ 1 km/h. Elle montre aussi que sur de nombreux cours d'eau non domaniaux la survie des poissons sauvages ne peut être assurée par les débits habituellement maintenus en aval des ouvrages de retenue destinés en particulier à l'alimentation des piscicultures et autres microcentrales hydroélectriques. C'est à fortiori le cas si les propriétaires d'ouvrages trichent avec les règlements d'eau, ce que font la quasi totalité des pisciculteurs de Bretagne encouragés en cela par le laxisme des administrations chargées de la police de l'eau.

J.L. Pelletier insiste à juste titre sur le fait que le débit de survie ne permet pas le transit des gros poissons : « ... grosses truites et saumons ne s'y aventurent pas »... "Autrement dit, ces poissons ne peuvent accéder à la passe à poissons à moins d'apprendre à marcher !

Les saumons notamment posent un problème particulier : ces poissons se déplacent presque toujours à l'occasion de crues, à condition toutefois que la température de l'eau soit favorable; tel est le cas des poissons fréquentant les cours d'eau armoricains qui connaissent désormais de fortes irrégularités de débits en relation avec l'anéantissement des paysages de bocage (phénomène *ouedification").

Par ailleurs, lorsqu'un cours d'eau se divise en plusieurs bras, les saumons transitent par celui d'entre eux présentant la meilleure "attractivité relative" (*), très souvent celui offrant tout à la fois le plus fort débit et les meilleures conditions hydrodynamiques de nage (économie d'efforts). On voit que le bras "court-circuité" d'une microcentrale ou d'une pisciculture remplit rarement ces conditions, même si d'aventure le débit réservé réglementaire y est respecté.

C'est pourquoi, pour les cours d'eau fréquentés par les grands migrateurs, il me semble très important de définir à côté du débit de survie DS un débit de transit "DT" adapté à ces poissons et garantissant leur liberté d'accès aux zones de frayères des têtes de bassin.

(*) Cela vaut aussi largement pour les truites.

Débit dérivé maximal (Dd max) et débit de transit grands migrateurs (DT).

Le débit DT doit tout à la fois permettre la manifestation de "l'effet de crue" et présenter une attractivité relative suffisante par rapport au débit dérivé par l'installation pour que les saumons en migration s'engagent sans hésiter dans le bras naturel court-circuité de la rivière et accèdent sans difficulté à la passe à poissons.

Contrairement au débit de survie, le débit de transit ne peut donc s'évaluer que parrapport au débit total du moment. La logique veut dés lors que l'on définisseun débit dérivé maximal autorisé à l'établissement usager (et non consommateur)(*) de l'eau, le débit disponible pour le transit étant la différence entre ce dernier et le débit amont. Il est proposé de prendre en compte le débit interannuel du mois le plus humide (janvier pour les cours d'eau armoricains) et de fixer le Dd max à 40% de sa valeur. Les 60% restant étant maintenus dans le lit naturel, on peut estimer que celui-ci sera fonctionnel en terme de transit, c'est à dire navigable par les grands migrateurs.

En même temps, il va de soi que le débit minimal à maintenir en tout temps dans le lit naturel du cours d'eau doit rester au moins égal au débit DS défini par J.L. Pelletier.

Une telle clé de répartition des forts débits ne pénaliserait pas les propriétaires d'ouvrage puisque la capacité de leurs bassins d'élevage ou la puissance de leurs turbines sont de toutes façons limitées!

Les dispositifs répartiteurs de débits équipant les ouvrages devraient être réglés conformément au principe précédemment défini, ce qui ne devrait pas poser de problèmes techniques insurmontables. Cela permettrait tout à la fois assurer le débit de survie minimal dans l'esprit de la Loi-Pêche (art 232‑5 du CR) et de satisfaire à l'obligation de résultat en matière de franchissement d'obstacles par les poissons migrateurs à laquelle sont soumis pour le début de 1991 les propriétaires d'ouvrages (art L 232‑6 du CR). (**)

(*)La Loi-pêche précise que le débit minimal à maintenir dans le lit d'un cours d'eau en aval d'un ouvrage est au moins égal au 1/10ème du module interannuel (L 232‑5 CR).

Il s'agit de toute évidence d'ouvrages destinés à détourner momentanément un débit qui est restitué au cours d'eau après utilisation.

Mais certaines collectivités locales ou certains lobbies d'utilisateurs, agriculteurs irrigateurs ou industriels notamment, ne l'entendent pas ainsi: ils considèrent que la Loi les autorise à prélever 90% du débit du cours d'eau même si cet "emprunt" est définitif !

Il s'agit là d'un détournement de l'esprit de la Loi-pêche extrêmement dangereux pour les cours d'eau qu'il convient de dénoncer avec la plus grande fermeté.

Certains propriétaires d'ouvrages considèrent volontiers qu'ils sont exonérés de l'obligation de résultat définie par l'article L 232‑6; dés-lors qu'ils respectent les prescriptions de débit définies par l'article L 232‑5 du CR. Il n'en est rien !

Jean RAPILLE.