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POLLUTION URBAINE

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Depuis les années 50, les rejets dans les rivières se sont multipliés : Voici un échantillon des principales pollutions de l'eau entrainant la dégradation des milieux aquatiques.

 

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Enquête publique Hydro Germ et Loudenvielle

 

 

 

 

Hydro Germ : Projet de la Société hydroélectrique du ruisseau de Germ d'exploiter une centrale  hydroélectrique sur les communes de Germ et Loudenvielle.

 

Odars, Le 25 juillet 2017,

A l'attention de Monsieur Robert Monier, Commissaire enquêteur,

Mairie - 65510 LOUDENVIELLE

 

Suite à la consultation de l'enquête publique concernant le projet de la société hydroélectrique du ruisseau de Germ d'exploiter une centrale hydorélectrique sur les communes de Germ et Loudenvielle, nous avons l'honneur de vous informer des points suivants :

 

Sur le projet :

 

Il prévoit un débit dérivé de 170 L/s maximum et un barrage d'une hauteur de 1,5 m sur toute la largeur du ruisseau, ainsi qu'un TCC (Tronçon court-circuité) de 1 500 m sur la partie aval de ce barrage et 2 traversées d'un tuyau en acier dans 2 cours d'eau, le ruisseau de Goutau ou Germ et le ruisseau de Coumaou.

 

Le prélèvement du débit dérivé est trop important et va entraîner une grande détérioration de la vie aquatique sur 1500 m dans le TCC, où, en outre, les poissons, alevins et invertébrés seront mis au sec par le fonctionnement de cette microcentrale lors d’éclusées. Il en ira de même pour les frayères qui seront soit asséchées, soit emportées. De plus, il n’y a pas de règle de hauteur d’eau dans le TCC prévue dans ce projet afin de pouvoir contrôler le débit réservé, qui devrait être de 35 L/s minimum et non 20 L/s et qui ne suffiront pas à maintenir correctement la vie aquatique dans ce cours d’eau. Qui plus est, nous sommes dans une période de changement climatique qui devrait entraîner une baisse générale des niveaux dans nos rivières, avec des étiages de plus en plus sévères. Concernant les salmonidés, les inventaires de 2012 et 2014 sont peu représentatifs car il faudrait un suivi sur une plus longue période, mais ils indiquent leur présence. Le projet ne fait pas mention d'outil de montaison au niveau du barrage alors qu'il doit être installé dans tout nouveau projet comme il est prévu par la Loi sur l’eau de 2006 « Art. L. 214-18. - I. - Tout ouvrage à construire dans le lit d'un cours d'eau doit comporter des dispositifs maintenant dans ce lit un débit minimal garantissant en permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces vivant dans les eaux au moment de l'installation de l'ouvrage ainsi que, le cas échéant, des dispositifs empêchant la pénétration du poisson dans les canaux d'amenée et de fuite. » En effet, on entend par circulation aussi bien la montaison que la dévalaison. L’implantation d’une prise d’eau avec le prélèvement annoncé et ce qui restera dans le TCC (tronçon court-circuité), impactera ce cours d’eau qui est torrentiel et naturel dans sa partie amont, avec de faibles chutes et des bassines en aval de cette prise d’eau. En France, il ne reste pratiquement plus de cours d’eau coulant naturellement et permettant d’avoir une autoépuration indispensable pour fournir en aval une eau de qualité pour le milieu aquatique, ainsi que pour les prélèvements en eau potable.

 

Sur l'étude d'impact :

 

Etablie par les bureaux d’études ASCONIT et BETERU, cette étude ne fait pas état des problèmes liés à la construction d’un barrage dans le lit d’une rivière. On ne parle pas de l’accumulation de sédiments qui empêchent le bon fonctionnement d’un cours d’eau et donc de l’évacuation partielle de ces mêmes sédiments lors de l’ouverture de vannes de dégravement. Ils se retrouveront massivement et brutalement en aval avec toutes les conséquences néfastes pour la faune et la flore du milieu aquatique, perturbant gravement la biodiversité.

Car, même si l’hydroélectricité est une énergie dite renouvelable, c’est aussi une énergie qui impacte fortement le fonctionnement de nos cours d’eau et surtout le milieu aquatique.

En effet, ce projet indique la création d’un barrage qui sera de 1.5 m de hauteur, même s’il n’entre pas dans le classement en C, des sécurités des ouvrages hydroélectriques suivant l’article R214-112 du code de l’environnement. Bien que le ruisseau de Germ ne soit pas classé en liste 1 et 2, le projet ne prévoit pas d’outil de montaison qui doit permettre la libre circulation des espèces piscicoles.

 

L’étude d’impact indique que la qualité hydrobiologique des ruisseaux de Germ et de Coumaou est « très bonne » et que cet aménagement n’aura pas d’impact sur les invertébrés et les poissons. Cependant, sur toute la partie court-circuitée, c'est-à-dire sur 1500 m, la faune et la flore seront appelées à fortement régresser, voire à disparaître : les vannes de dégravement fréquemment ouvertes perturbent la vie aquatique. Une partie de la biomasse, surtout les invertébrés et poissons juvéniles seront mis au sec lors de leur fermeture. Puis, le débit trop faible qui risque d'être accentué par le réchauffement climatique, avec le taux d’oxygène réduit et la température de l’eau augmentant, fera disparaître certaines espèces aquatiques ! La biodiversité est à nouveau remise en question !

 

Pour information, les truites fario adultes, peuvent parcourir plusieurs kilomètres afin de trouver justement des lieux de frai qui doivent être en eau jusqu’à l’émergence des alevins. D’ailleurs, sur ce secteur, l’émergence a lieu fin mars et non fin janvier comme l’indique l’étude d’impact. Par ailleurs, faute d’un débit suffisant, elles ne pourront pas passer les obstacles et remonter dans les ruisseaux en amont dont celui du Coumaou qui est justement un ruisseau pépinière. Les truites adultes peuvent franchir des obstacles d’un mètre environ et il suffirait de quelques aménagements pour que ces obstacles deviennent franchissables sur le ruisseau de Germ.

 

Pour ce qui est de la prise d’eau, même si l’espacement entre les barreaux de la grille est de 20 mm, rien n’indique qu’elle soit ichtyocompatible avec une certaine inclinaison de cette grille afin de permettre aux poissons de se diriger vers l’outil de dévalaison.

 

Ce projet prévoit de traverser par 2 fois ces cours d’eau dont le Coumaou, alors que son installation rive droite éviterait justement ces traversées avec tous les problèmes néfastes engendrés par ces travaux. De même, il pourrait y avoir une seule traversée un peu basse évitant ainsi la celle du Coumaou (voir ci-dessous).

 

 

Ou mieux encore en installant la prise d’eau un peu plus haut mais rive gauche, en se servant de la présence du pont de la route qui traverse le ruisseau de Coumaou, ce qui éviterait la traversée de ces 2 cours d’eau. L’usine serait aussi un peu plus en amont (voir ci-dessous).

 

2 possibilités sur la Prise d'eau       ou     Prise d'eau                 

 

Le projet se situe dans la vallée du Louron qui est dans une zone classée ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) de type II « réunissant des milieux naturels formant un ou plusieurs ensembles d’unités écologiques homogènes possédant une cohésion élevée et entretenant de fortes relations entre eux. Ils se distinguent de la moyenne du territoire régional par leur contenu patrimonial plus riche et leur degré d’artificialisation plus faible ».

 

Il va perturber cet ensemble homogène car même si cette zone n’est pas dans le Natura 2000, le Desman (espèce rare et protégée au niveau européen), ainsi que l’Euprocte des Pyrénées, fréquentent ces cours d’eau et, à ce titre, les microcentrales ne sont justement pas compatibles avec leur survie.

 

Débits naturels Juillet 2017

Débit naturel Juillet 2017

Débit naturel Juillet 2017

Nous tenons aussi à vous rappeler que ce projet a déjà eu des avis de l’ONEMA en 2011 et 2015 et que les réponses apportées par les bureaux d’études n’étaient, pour la plupart, pas satisfaisantes. L’ONEMA a d’ailleurs formulé, une fois de plus, un avis défavorable le 21 mars 2016.

 

Le pétitionnaire fait aussi valoir la fourniture en électricité pour 578 personnes alors que nous avons en France largement de quoi en fournir à nos habitants et certains pays voisins avec le plus grand parc nucléaire d’Europe, un parc éolien qui commence à prendre de l’ampleur, des centaines de barrages, des milliers de microcentrales et, tout ceci, sans compter l’énergie solaire.

 

Notre région est déjà suréquipée d’ouvrages hydroélectriques, que ce soit en barrages ou en microcentrales, alors que nous devons retrouver, non seulement le bon état et la continuité écologique de nos cours d’eau, mais aussi les conserver.

 

Essayons au moins de ne pas détruire complètement nos rivières avec tous ces projets qui, sous couverture d'énergies dites renouvelables, n’ont qu'un seul but, l'appât du gain. Ce projet, dont certains impacts ont été manifestement oubliés ou sous-estimés, ne s’inscrit donc pas dans les objectifs de la DCE (Directive Cadre sur l’Eau) associé à la masse d’eau, des orientations du SDAGE Adour Garonne et du respect de la loi sur l’eau de 2006.

 

Ce projet est un véritable paradoxe avec la continuité écologique et la biodiversité !

 

Par ailleurs lors d’un échange avec notre président de la république et le FNPF (Fédération Nationale de la Pêche en France), "Emmanuel Macron attribuait, à juste titre, à la petite hydroélectricité - je cite - des conséquences écologiques dramatiques".

 

Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons accepter ce projet et vous suggérons de bien vouloir prendre en compte toutes nos remarques.

 

Dans l'attente, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Commissaire enquêteur, l'expression de notre haute considération.

 

Le délégué régional ANPER Pyrénées

Jean-Pierre JENN

 

Copies : FDAAPPMA65, AFB65.

Débit naturel Juillet 2017

Débit naturel Juillet 2017