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POLLUTION URBAINE

  • POLLUTION URBAINE

 

Depuis les années 50, les rejets dans les rivières se sont multipliés : Voici un échantillon des principales pollutions de l'eau entrainant la dégradation des milieux aquatiques.

 

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Pollution du Doubs Franco-Suisse

Emission Radio RTS (16 min à écouter)

 

Pollution aquatique de la Loue

© France 3

Pollution aquatique sur la riviére Bienne

© France 3

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La Pollution Urbaine

Les rejets de pollution urbaine directement dans les rivières créent une pollution chronique.

TOS réclame l’interdiction du rejet en rivière pour les STEP (stations d’épuration) et les déversoirs d’orage.


Réflexions générales sur la pollution domestique :


Les collectivités ont énormément investi depuis 30 ans dans la construction, l’extension, la rénovation des STEP ainsi que dans l’amélioration de la collecte des effluents (extension des réseaux, mise en séparatif, lutte contre les fuites et les eaux parasites etc.).
Or, la dégradation des rivières n’a fait qu’augmenter pendant ces trente dernières années.
Personne ne comprend, ni ne se sent responsable : les politiques mettent en place les budgets, les techniciens construisent et exploitent, l’Etat vérifie : tout le monde a le sentiment du devoir accompli, et les résultats mesurés montrent que les rendements imposés par la Police de l’Eau sont atteints.

 

Or, la situation empire. Alors ?
Il faut se rendre à l’évidence : les doctrines financières, techniques et réglementaires mises en œuvre ne résolvent pas les problèmes, et ne les résoudront jamais : Il est nécessaire de changer de pensée et de pratiques.

Pour cela,  TOS propose de raisonner pragmatiquement


1- l’historique de l’assainissement


Le phénomène de la pollution domestique est récent. Il se développe proportionnellement au développement des réseaux d’adduction d’eau potable (à partir de 1950). La facilité que procure l’eau amenée directement au cœur des maisons conduit à une augmentation progressive des consommations, le développement de l’offre de nouveaux produits polluants (détergents, produits de beauté). La concentration de l’habitat entraîne la construction, souvent dans l’urgence, de réseaux de collecte pour rejeter les eaux salies à des endroits sanitairement moins sensibles (rivières, failles), puis la construction de STEP pour traiter ces rejets.
Les différentes techniques ont été élaborées par les entreprises et les services techniques de l’Etat (DDE, DDA). Les performances sont jugées selon l’urgence de jadis : en premier lieu, la non toxicité des effluents pour les rivières; puis la clarté (élimination des matières en suspension), puis la faiblesse de la consommation ultérieure d’oxygène pour terminer la minéralisation des matières organiques. Se sont rajoutés ensuite les traitements des nitrates et des phosphates, qui ont nécessité d’importants investissements complémentaires.

 

2- Les méfaits de la politique mise en oeuvre


La réglementation s’est élaborée parallèlement. Elle a suivi les techniques et les pratiques observées : définition des responsabilités, définition des procédures, élaboration de normes de rejets établies à partir des paramètres habituellement utilisés (MES, DCO, DBO, teneur en nitrates et en phosphates), définition des contrôles, des objectifs et des sanctions.

Mais les procédures d’autorisation des STEP conduisent paradoxalement, non à une protection des rivières, mais au contraire à un véritable droit à polluer. TOS entend par là qu’au lieu de protéger nos rivières de l’eutrophisation, la législation autorise à l’inverse la collectivité à rejeter nitrates et phosphates à des débits constants et non négligeables… A cela s’ajoutent les apports en micropolluants (hormones, métaux lourds, médicaments…) qui traversent la station sans être dégradés, ou en ne subissant que des dégradations insuffisantes.

Les milieux aquatiques sont les milieux les plus sensibles qui soit à la pollution du fait de la faiblesse de l’oxygène disponible et à la mobilité des éléments dans le milieu. L’apport, même faible, d’éléments fertilisants conduit au développement des formes de vie primaires que sont les cyanophycées, qui entrent alors en compétition avec la microfaune, déjà affaiblie par les micropolluants.

Le fait de continuer à investir dans la fabrication des réseaux et des STEP pour les zones non encore traitées ne conduira pas à une amélioration de la situation. Non pas parce que les techniques d’épuration sont mauvaises. Mais parce que nous rejetons dans un milieu trop sensible. La concentration a beau être faible, c’est la notion de flux qui est importante et qui impacte la rivière. Pour améliorer la qualité de nos rivières, il faudrait poursuivre les traitements par un étage tertiaire inspiré des techniques de production d’eaux potables. Cela est financièrement inenvisageable.

3- Les pistes à privilégier


Il est nécessaire de travailler dans deux directions :

La première, de longue haleine, est de réduire la pollution à la source : limitation des phosphates et micropolluants divers dans les produits susceptibles d’être lavés. Le retour à des débits de rivières plus proches de la normale peut également être obtenu, notamment en réduisant les prélèvements d’eau réguliers. Pour cela, il faut encourager une diminution des consommations par des mesures financières appropriées (dans l’état actuel du calcul de la facture d’eau, plus on consomme, moins le M3 coûte cher. Il faut inverser cette logique) Ceci ira dans le sens d’une baisse de la température estivale de l’eau (voir rapport Onema 2010).

La seconde, directement efficace, est d’interdire le rejet direct dans nos rivières, et de transférer ces rejets vers un milieu beaucoup moins sensible : le sol ou un marais artificiel.
En effet, le sol (prairies, champs, forêts) est un milieu beaucoup moins sensible que l’eau : l’oxygène n’est plus un facteur limitant, les bactéries sont fixées et donc beaucoup moins sensibles. On peut même affirmer que, compte tenu de la bonne qualité de traitement des STEP, l’incidence de l’épandage des eaux de STEP sur le sol (par les techniques habituelles d’irrigation) sera insensible.
L’eau rejoindra la rivière après que les bactéries du sol aient capté les derniers éléments fertilisants. De plus, les phénomènes d’adsorption et l’action du soleil permettront une élimination des traces d’éléments indésirables comme les métaux ou les macromolécules.
Cette nouvelle doctrine technique commence à se répandre en France (« zone libellule » par exemple).
Ces réflexions sont transposables  aux STEP industrielles.

Nous sommes donc dans une impasse technique et financière.

Les propositions de TOS.

 

  • Adapter à chacune des STEP, en commençant par les plus importantes et les plus en amont, un étage tertiaire extensif réalisant un milieu tampon entre le système d’assainissement et le réseau hydrographique. Selon les caractéristiques foncière et topographique de la ville concernée, ce pourra être un champ d’épandage, un lagunage de faible profondeur et de temps de séjour d’au moins 3 jours, une roselière, un fossé d’assainissement …
  • Positionner la Franche-Comté (ou une autre région) comme leader Français sur ces techniques simples et pragmatiques de « zones tampons » en mobilisant les financeurs, les techniciens pour la conception, et les scientifiques pour le suivi.
  • Traiter de la même façon les déversoirs d’orage, soit par zone tampon, soit par bassin d’orage ou bassin de type Vortex afin de limiter l’impact des évènements pluvieux sur la qualité générale du cours d’eau.
  • Améliorer parallèlement le rendement du système d’assainissement des communes, en améliorant l’étanchéité des réseaux, et le nombre de raccordés.

Site internet d'ANPER-TOS pour La protection des rivières et la lutte contre la pollution aquatique : www.peche-et-riviere.org